« À votre santé! » « À la vôtre! » répondit le Désert Médical

Avec Internet, on peut faire le tour de la question, via la presse européenne. Le constat est sans appel: l’état de santé de la Santé, en France, est catastrophique. Entendons-nous bien, il s’agit de comparaison entre pays occidentaux, dont les 27 du l’Union Européenne. Précisons que le sujet n’est pas la qualité des soins, le corps médical français étant des plus performants. Non, c’est de l’organisation générale administrativo-politique, qui foule aux pieds les principes fondamentaux sanitaires dont chaque français a droit, qui pose un sérieux problème. Revue de détails:

C’est vrai, l’approche des élections législatives contribue à enfoncer le clou. Et l’on ressort le sujet sur les déserts médicaux. Tout le monde pointe, ainsi, du doigt ce qui est dorénavant, et depuis des années, une  spécificité bien française. Les politiques se couvrent en citant les chiffres venus d’ailleurs, notamment de l’Union Européenne. Des chiffres que l’on fait parler sans aller au bout du raisonnement. La France est donc le pays qui compte le moins de médecins généralistes pour 100 000 habitants, à savoir 9 médecins. Le mieux fourni est l’Irlande avec 24 médecins pour 100 000 habitants. Tous les autres se situent entre 10 et 22 médecins. La différence est faible, à priori. Pas du tout, elle est, au contraire, très forte si l’on tient compte que la demande des patients français, en matière de médecine générale, est très élevée. Chaque français consulte un généraliste trois fois par an, en moyenne. Si l’on observe parallèlement que nombre de français vont rarement chez un médecin, imaginons la fréquence chez ceux qui vivent en permanence avec des pathologies à répétition. Alors qui est responsable de la diminution de médecins,? les politiques, en premier lieu. Ils ont été aidés par des syndicats de médecins appuyés par les divers ordres régionaux de médecins. D’un commun accord, ils ont restreint le numérus clausus. Le gouvernement de Monsieur Macron l’a rétabli, partiellement, mais les effets n’apparaitront qu’à l’horizon 2033-2034. Pour l’heure, les patients peinent à obtenir des consultations. Patients lambda s’entend, parce que pour la gente privilégiée: politiques de toutes tendances, élus de tous bords, journalistes, artistes et autres catégories bien à l’abri des besoins, un coup de fil et hop…..Ce n’est pas une règle générale, évidemment.

Les hôpitaux c’est pire. Là, la politique y joue sa partition. Une musique où chaque musicien joue faux avec des instruments désaccordés. Des lits par dizaines, centaines et milliers, ont été et sont supprimés; des services démantelés; des personnels au bord de la crise de nerfs, s’en vont. La maltraitance psychologique est une réalité dans certains secteurs hospitaliers. C’est une guerre menée par le pouvoir administrativo-politique, sans vergogne, démuni de toute humanité. Des gens en charge du secteur y vont à coups de serpes, voire à la hache. Ils sont aidés par des bataillons ministériels qui ordonnent et nettoient. Cela ne date pas de ce Président. Les autres d’avant avaient commencé le massacre. Les Agences Régionales de Santé, (ARS) créées en 2009 sous Nicolas Sarkozy est une véritable catastrophe. A la base il, s’agissait de prendre en charge la politique de Santé dans les Régions, pour mieux piloter et réguler l’offre de soins. Or, cet instrument administratif n’a été, et reste, un bureau de comptabilité chargé de réduire la charge financière par tous les moyens. Pour certains politique, « la Santé est une charge insupportable« . Il convenait, par conséquent, de la réduire au mieux et au plus vite.

Ce qu’il n’ont pas compris, ou voulu comprendre c’est qu’en matière de Santé, d’assurance maladie, vieillesse, hospitalisation, le déficit n’existe pas ! Il s’agit d’un coût qu’il convient de pérenniser. Un coût est une obligation, une charge qu’il faut assumer. Ce n’est pas du commerce. Il est impératif de le financer. Lorsqu’un citoyen paye un loyer mensuel, ce n’est pas un déficit, c’est un coût. S’agissant de Santé, c’est encore plus réel.

Quel politique, femme ou homme, va, enfin tenir ce discours et changer la situation? Ou, allons-nous assister passivement au démantèlement organisé de l’hôpital, au renforcement du désert médical, aux soins légitimes de la population réduits en une simple armoire à pharmacie, de camping? A chacun sa réponse. Comme il convient, impérativement, de payer les soignants et personnels infirmiers de manière décente. Leurs salaires ne devraient pas être fixés sous la barre des 3 000€ nets mensuels. Mais oui! Les hôpitaux doivent compter un tiers de lits supplémentaires. Non pas demain, mais avant-hier. Avoir des lits vides n’est pas une anomalie, c’est du réalisme qui permet d’accueillir d’emblée tout malade, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit.

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