Hervé Morin perdu dans la jungle politicienne

Souvent moqué, critiqué, vilipendé, Hervé Morin a cessé, semble-t-il, de pratiquer le suivisme politique pour être lui-même. Jadis, il comptait au sein de l’UDF et sa proximité avec François Bayrou le rendait heureux. Pourtant, il finit par lâcher le maire de Pau pour répondre aux sirènes sarkozystes. Sa trahison lui valut le ministère de la Défense. Après sa parenthèse ministérielle, il tenta un retour sur la scène politique en créant son micro parti, « Les Centristes ». Parti croupion, s’il en est, mais qui lui permettait une existence officielle. En 2015 il devient Président de la Région Normandie, grâce à la droite LR. En 2017, il ne rejoint pas Macron et cette année il continue sur sa lancée en affrontant les sortants de la République en Marche, aux législatives, dont certains de ses anciens amis.

Pour qui le connait un peu, il est un homme sympathique. Normand d’origine, il admet être gaulliste par respect pour le chef de la France Libre. Son parcours politique, depuis l’origine dans sa commune d’Épaignes et son canton de Cormeilles, est plutôt de bonne facture: député, président du groupe UDF à l’Assemblée Nationale, Ministre de la Défense, Président de la Région Normandie. Sa contribution à divers partis politiques, situés au centre et centre-droit: Parti Républicain (et non LR), Union Pour la Démocratie Française, Le Nouveau Centre, Union de Démocrates et Indépendants, Les Centristes, n’a, pour autant, fait de lui un politique de premier plan.

Contradictions et contrariétés

Aujourd’hui, Hervé Morin se maintient dans l’opposition d’Emmanuel Macron. Son soutien à Valérie Pécresse pour la présidentielle l’a de nouveau affaibli, mais revendique son positionnement. Malgré tout il conserve un lien avec ses plus proches, passée à LREM et au MoDem, tels Bernard Leroy président de l’Agglo Seine-Eure, Xavier-François Priollaud maire de Louviers et Anne Terlez première adjointe à la mairie de Louviers. Ces derniers s’affichent avec le député sortant de la majorité, Bruno Questel, qu’ils soutiennent, aux législatives, alors que Hervé Morin soutient Madame Perchet candidate LR opposée à Bruno Questel. Comprenne qui pourra.  Des contradictions flagrantes connotées d’intérêts politiciens, au grand dam des électeurs qui n’y comprennent plus grand-chose….

L’avenir a toujours une fin

Ainsi va Hervé Morin. Il sait qu’il trouvera sur sa route, le moment venu, les poids lourds macronistes de l’Eure. Ceux-ci visent sa défaite à la tête de la Région. Mais le normand sollicitera-t-il un troisième mandat? Il reste cinq ans. Il a le temps de prendre une décision et y réfléchit. D’ici-là tout peut se produire. Y compris changer d’avis sur Emmanuel Macron. Cela s’appelle de la politique.

 

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